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Interview
Dans le nouvel album solo de Julie Aubé, membre émérite du trio acadien Les Hay Babies, ça parle d’être plus mêlé que son tiroir de Tupperware, des fameuses coques frites de Cocagne et d’un certain Boudreau, le gars à aller voir quand t’as du trouble avec ton char.
Le bien nommé Rurale, qui sort cette fin de semaine, se présente autant comme un hommage au Nouveau-Brunswick que chérit tant Julie Aubé que comme une ode aux petites choses du quotidien.
D’ailleurs, n’allez surtout pas dire à la musicienne trentenaire que puiser son inspiration dans une cuisine, c’est pas du grand art.
« Que tu écrives sur le quotidien ou au troisième degré, il n’y a pas une forme d’art plus valide que l’autre », dit celle qui se braque quand elle entend que c’est banal ou que tout le monde peut faire ça.
« Tout le monde peut écrire une chanson sur une soupe à l’oignon ? Je suis en désaccord. Un artiste comme John Prine va prendre toutes les bébelles et les statuettes qu’il y a sur la tablette de sa grand-mère et s’en inspirer pour écrire une chanson à déchirer le cœur. C’est un défi de trouver une façon de mettre de la poésie dans les affaires qu’on trouve plates. C’est un défi que j’aime et que j’accepte », déclare l’artiste de Memramcook.
Musicalement, elle est allée chercher son inspiration en Louisiane, où réside son mari – et coréalisateur, guitariste, bassiste et cocompositeur – Philippe Billeaudeaux.
« J’ai découvert beaucoup de genres musicaux que je ne connaissais pas. Son influence a élargi mon amour pour le country, le folk et la musique roots », raconte-t-elle.
Vous n’aurez donc pas la berlue si vous flairez un parfum cajun en écoutant Rurale. « J’ai même eu la chance d’enregistrer avec des musiciens là-bas pour lui donner la véritable saveur. »
En mariant ces influences avec le country acadien, Julie Aubé concocte une musique qui se distingue de celle qu’elle crée avec ses amies Viviane et Katrine des Hay Babies.
« Entre nous trois, je suis vraiment celle qui écoute le plus d’americana, de country et de folk américain. Faire un album solo me permet de ne pas me soucier que Viviane préfère un côté plus rock, par exemple. »
Même si elle passe du temps en Louisiane et à Montréal, Julie Aubé retourne toujours dans son village à Memramcook. Elle adore son coin de pays, comme elle le chante avec éloquence dans la chanson qui s’intitule... Nouveau-Brunswick.
Extrait : « T’es une fleur sauvage du mois de juillet. T’es une plage rocheuse qu’on garde secret. Comme une grande famille, y’en a quelques-uns qui nous quittent, mais y reviennent tout l’temps vers le Nouveau-Brunswick. Mon cœur est content au Nouveau-Brunswick. »
« On voit souvent des blagues sur internet qui disent qu’au Nouveau-Brunswick, il n’y a rien, c’est la pauvreté, tout ne va pas super bien. Je voyage beaucoup avec les Hay Babies, je vois d’autres places et quand je reviens, je me dis crisse que c’est beau Memramcook ! Et Moncton, c’est intéressant. Tu finis par tomber en amour avec ton propre coin. Ça prend juste l’effort de le revisiter, de t’impliquer et de voir le beau. »